L’atelier « Traduire Esther Ramón », s’est déroulé en résidence au CITL d’Arles du lundi 22 mai au vendredi 26 mai 2023. Il s’inscrivait dans le prolongement du séminaire de recherche « Make it new. Traduire la poésie », proposé par le Département Littératures et Langage de l’École normale supérieure de Paris et organisé par Nathalie Koble et Roland Béhar.

Financé et soutenu par l’équipe de recherche Translitterae, de PSL, ce séminaire hebdomadaire, assuré collectivement par le département Littératures et Langage, s’est ouvert en janvier 2019. Il propose une réflexion d’ensemble sur l’histoire, les théories et les pratiques de la traduction poétique en Europe et dans le monde. Chaque séance est dédiée à un corpus théorique et textuel spécifique, introduit et commenté par un spécialiste, seul ou en tandem.

L’atelier arlésien a accueilli 9 étudiantes de PSL qui ont choisi de traduire collectivement, avec Laurence Breysse-Chanet, un recueil encore inédit en français de la poétesse espagnole Esther Ramón, Tundra (Igitur, 2002).

La tutrice

Laurence Breysse-Chanet

Agrégée d’espagnol. Professeur de Littérature espagnole contemporaine, Sorbonne Université. Poète et traductrice (2010 : Prix Nelly Sachs de Traduction de Poésie).

Recherches sur la poésie espagnole XXe-XXIe siècles (Manuel Altolaguirre, Claudio Rodríguez, José Ángel Valente, María Zambrano, Antonio Gamoneda…) et d’Amérique latine (Lezama Lima, Vallejo).

Ouvrage Redes azules bajo los párpados. El pensamiento rítmico de Antonio Gamoneda, Prologue Miguel Casado, Paris, Éditions Hispaniques, 2019.

Dernières traductions : Federico García Lorca, Divan du Tamarit Sonnets de l’amour obscur, La rumeur libre, 2022. Esther Ramón, Scellée, Cheyne Éditeur, 2022.

// Les participants //

Diane COUTELLIER

Après deux années de classes préparatoires littéraires à Louis-le-Grand, Diane Coutellier part réaliser un Erasmus à Salamanque. Elle y suit entre autres une initiation à l’interprétation simultanée et obtient sa licence d’espagnol. Elle intègre par la suite l’École Normale Supérieure d’Ulm et se forme conjointement à la recherche en littérature et en écologie. Elle commence le nahuatl à l’Inalco et porte un projet de mémoire sur l’écopoésie dans la poésie hispanoaméricaine actuelle.

 

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Camille GOSSELET

Née en 2001, Camille Gosselet intègre le Master de Littératures de l’ENS-PSL en 2022, après une licence de Lettres modernes à l’Université Paris-Nanterre. Passionnée par les langues étrangères, elle a eu l’occasion d’étudier le chinois durant son cursus secondaire. En entrant à l’université, elle découvre avec intérêt l’ancien français et participe à ses premiers ateliers de traduction. Elle projette de travailler à l’occasion de son mémoire sur la matière folklorique et les contes dans la littérature française du XIXe siècle, en se basant notamment sur les écrits de Charles Nodier.

 

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Charlotte HEYNER

Après avoir passé son baccalauréat à Cergy, Charlotte Heyner poursuit des études littéraires à Paris, en CPGE puis à l’École Normale Supérieure (Ulm). Elle termine actuellement un master en littératures dans lequel elle se spécialise en littérature comparée, domaine qui lui permet de poursuivre son intérêt pour les langues étrangères. Ses recherches portent principalement sur la réécriture comme pratique féministe à travers l’exemple du conte de la Barbe Bleue, dont elle étudie plusieurs versions réécrites par des autrices de différentes cultures (Angela Carter, Silvina Ocampo, Lisa Guez). En parallèle de ses études, elle participe à la création d’un média associatif en ligne, aime aller à des ateliers d’écriture, joue de la flûte traversière dans une harmonie étudiante et s’essaye à la traduction de textes narratifs.

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Jeanne Jacob

Étudiante en littérature à l’École Normale Supérieure de  la rue d’Ulm, elle travaille sur les petites formes de poésie américaine au XXe et XXIe siècles, ainsi que sur la place du textile dans l’œuvre de Marcel Proust. Aujourd’hui rédactrice pour la revue Zone Critique, elle s’’intéresse de très près à la littérature contemporaine ainsi qu’aux  échanges transatlantiques dans la poésie.

 

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Andrea MARTINEZ-CHAUVIN

Doctorante en littérature espagnole et ATER à Sorbonne-Université, Andrea Martinez-Chauvin rédige sa thèse sous la direction de la Pr. Laurence Breysse-Chanet, dans l’équipe du CRIMIC. Elle y étudie les modalités et les échos du surréalisme dans un pan des écrits de poètes contemporains espagnols, Vicente Aleixandre, Juan Larrea, José María Hinojosa, et Joan Miró dans son écriture, à travers l’étude conjointe de leur oeuvre entre 1917 et 1932.

 

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Alicia SALVADOR

Alicia Salvador Ivorra a 25 ans et est d’origine espagnole, diplômée en Traduction et interprétation à l’Université d’Alicante en Espagne. Avant son master à Sorbonne Université, elle a eu l’occasion de partir plusieurs fois à l’étranger dans le cadre de ses études : un Erasmus à l’île de la Réunion en 2017-2018 et un Erasmus Mundus au Québec en 2018. Une fois diplômée, elle est partie pendant deux ans à l’étranger en tant qu’assistante de langue : la première année en Guyane française et la deuxième année en France métropolitaine en Bourgogne-Franche-Comté.  Elle vit à Paris depuis 2021 pour continuer ses études de master en Études ibériques et latino-américaines à Sorbonne Université. Elle se spécialise en linguistique et en littérature espagnole et réalise son mémoire de fin d’études autour du lien entre traduction, poésie et photographie. Plus concrètement, elle travaille sur l’oeuvre Fotopoemas du photographe Sergio Marras réalisée côte à côte avec l’antipoète chilien Nicanor Parra.  Cet intérêt pour l’image se manifeste de plus par les cours de photographie qu’elle suit à l’université. Elle prépare actuellement sa première exposition dans les campus de Sorbonne Université et participera au festival « Promenades photographiques » à Blois où elle aura l’occasion d’exposer son travail réalisé au cours du stage estival.

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Oleksandra SHARAPA

Oleksandra SHARAPA est née à Tcherkassy (Ukraine) et a quitté son pays pour la France en mars 2022 à cause de la guerre. Elle est diplômée d’un Master 2 en philologie française à l’Institut de Philologie de l’Université Nationale Taras Chevtchenko de Kyiv. Depuis son arrivée en France, elle poursuit ses études par un Master en Littératures : théorie et histoire à l’École Normale Supérieure à Paris. Elle étudie également l’espagnol et se réjouit d’explorer la traduction espagnole à Arles.

 

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Marie TILCHE

Après une licence de Culture Antique et  Monde Contemporain à Sorbonne-Université, Marie Tilche intègre l’École  Normale Supérieure de la rue d’Ulm, au sein du département Littératures et Langage. Outre une prédilection pour l’écriture romanesque et pour la poésie, elle s’intéresse de très près au travail de traduction,  notamment de l’anglais vers le français et vice-versa, ayant déjà eu la  chance d’habiter au Royaume-Uni pour un an et de se confronter aux innombrables subtilités et barrières de langage, avant de rejoindre l’université en France. Elle effectuera par ailleurs un nouveau séjour à  l’étranger l’an prochain, dans le cadre d’un lectorat aux États-Unis, au  cours duquel elle s’adonnera autant que possible à des projets de traduction personnels.

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Eleanor WILSON

Née en Angleterre, elle vit en France depuis 2006. Élève de l’École Normale Supérieure depuis 2019 au département de Littératures et langage, elle a un master en Études hispaniques de l’Université de la Sorbonne et prévoit de passer l’agrégation d’Espagnol, puis de s’inscrire en thèse. Ses recherches sont centrées sur la poésie espagnole et latino-américaine du XXe et XXIe siècles et explorent les thèmes du traumatisme et de la mémoire.

Esther Ramón

Esther Ramón (Madrid), germaniste, docteur en Littérature Comparée, enseigne à l’Université Carlos III de Madrid (Master International de Photographie contemporaine de l’EFTI, Centre International de la Photographie et du Cinéma), en Master des professions artistiques Escuela Sur et à la Fondation José Hierro. Ouvrages publiés : Tundra (Igitur, 2002), Reses (Trea, 2008, Prix Ojo Crítico), Grisú (Trea, 2009), Sales (Amargord, 2011), Caza con hurones (Icaria, 2013), desfrío (Varasek, 2014) Morada (Calambur, 2015), en flecha (Éditions La Palma, 2017), Sellada (La bala perdida, 2019), Semilla (La bala perdida, 2022) et Los naipes de Delphine (Fórcola, 2022), ensemble en prose inspiré du Rayon vert d’Eric Rohmer.

Traductions de ses poèmes en plusieurs langues (anglais, français, allemand, roumain, norvégien, suédois, portugais, arabe), inclusion dans des anthologies, Panic cure. Poetry from Spain for the 21st Century (Shearsman Books, UK et Otis Books / Seismincity Editions, USA, 2014), Del alma a la boca. 13 poetas madrileñas (Huerga & Fierro editores/Poesía, 2018), ou des revues, Europe, Place de la Sorbonne, HispanismeS, Los Angeles Review, Columbia Journal, The Offing.

 

Tundra, premier livre d’Esther Ramón, publié en 2002, a été écrit durant un séjour aux Canaries. Il se compose d’un ensemble de 29 poèmes, répartis en deux parties comprenant respectivement 15 et 14 poèmes. Le titre, qui pose un étonnant contraste avec le lieu biographique de l’écriture du livre, nous plonge dans un univers où la terre est durcie par le froid, un paysage aride où pourtant les graines enfouies sous la terre restent vivantes et peuvent germer. Poème après poème, de façon réticulaire, un lieu imaginaire et intérieur se met en place, des images apparaissent de façon énigmatique et fulgurante, et leur force vient casser une musicalité pourtant profonde. Le recueil propose à son lecteur/traducteur d’entrer dans une étrange exploration du froid pour y suivre une quête de l’identité.

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