L’atelier “Traduire Zsuzsanna Gahse” se déroulera en résidence au CITL d’Arles du lundi 27 au vendredi 31 mai 2024 sous la tutelle de Marion Graf et Camille Luscher. Il s’inscrit dans le prolongement du séminaire de recherche « Make it new. Traduire la poésie », proposé par le Département Littératures et Langage de l’École normale supérieure de Paris et organisé par Nathalie Koble et Roland Béhar.
Financé et soutenu par l’équipe de recherche Translitterae, de PSL, ce séminaire hebdomadaire, assuré collectivement par le département Littératures et Langage, s’est ouvert en janvier 2019. Il propose une réflexion d’ensemble sur l’histoire, les théories et les pratiques de la traduction poétique en Europe et dans le monde. Chaque séance est dédiée à un corpus théorique et textuel spécifique, introduit et commenté par un spécialiste, seul ou en tandem.
L’atelier arlésien accueillera cette année 10 étudiant·es de PSL qui traduiront collectivement Siebenundsiebzig Geschwister, de Zsuzsanna Gahse (Vienne, Korrespondenzen, 2017)
Zsuzsanna Gahse est une écrivaine de langue allemande, née à Budapest en 1946. En 1956,elle fuit la Hongrie avec sa famille ; stations à Vienne, Stuttgart et Lucerne ; elle vit aujourd’hui à Müllheim (Suisse). Son travail littéraire se situe depuis toujours entre la prose et la poésie et tout autant entre une écriture scénique et une écriture narrative. Plus d’une trentaine de livres ont paru dont les plus récents sont, Die Erbschaft, JAN, JANKA, SARA und ich, Bergisch teils farblos, Zeilenweise Frauenfeld et Siebenundsiebzig Geschwister, tous aux éditions Korrespondenzen à Vienne.
L’œuvre de Zsuzsanna Gahse a été distinguée par de nombreux prix : dès ses débuts par le Prix Aspekte, en 2019 par le Grand Prix suisse de littérature. Pour ses traductions du hongrois (principalement de Peter Esterházy), elle a reçu le Prix Johann-Heinrich-Voß de la Deutsche Akademie de Darmstadt.
Deux livres de Zsuzsanna Gahse ont été traduits en français à ce jour :
Logbuch. Livre de bord, traduit par Patricia Zurcher, est paru en 2007 aux Éditions d’en bas, en coédition avec le Centre de traduction littéraire de Lausanne.
Cubes danubiens, traduit par Marion Graf, est paru en 2019 aux Éditions Hippocampe à Lyon.
Restitution
Une traduction est-elle la sœur de l’original, les traductions entretiennent-elles un rapport fraternel ? On dit bien des langues qu’elles sont d’une même famille, qu’en est-il des familles de textes ? À l’issue d’une semaine d’atelier consacré à la poète, les étudiant·es de l’ENS font entendre leurs différentes versions où ne manqueront pas de résonner les langues sues ou rêvées.
// Les tutrices de l’atelier //
Camille Luscher est née à Genève où elle vit aujourd’hui avec sa famille. Des études de langues et littératures française et allemande à l’université de Lausanne la conduisent sur la voie de la traduction littéraire, qu’elle explore dans le cadre du Master en « Contemporary Art Practice » de la Haute école d’art de Berne, cursus quasi unique en Europe ouvert aussi bien à la traduction qu’à l’écriture créative. Dans le cadre de celui-ci, elle traduit de la poésie contemporaine, notamment Monika Rinck. Elle publie pour le compte de divers éditeurs, des romans, du théâtre et de la littérature jeunesse et contribue à des revues telles que Viceversa ou La Revue de Belles Lettres. En parallèle, elle travaille au sein du Centre de traduction littéraire de Lausanne et dirige la collection Domaine allemand aux Éditions Zoé.
Marion Graf est traductrice et critique littéraire spécialisée en poésie. Elle a traduit une quinzaine de livres de Robert Walser, plusieurs recueils de Klaus Merz et d’Erika Burkart, ainsi que de nombreux romanciers et poètes alémaniques et russes, et des ouvrages pour la jeunesse. Elle est aujourd’hui membre du comité de rédaction de La Revue de Belles-Lettres, revue de poésie qu’elle a dirigée pendant treize ans. Parmi ses traductions récentes : Cubes danubiens, de Zsuzsanna Gahse (Hippocampe éditeur, 2019), Presque étranger pourtant, de Thilo Krause (Zoé 2022), Robert Walser, La Buveuse de larmes (Zoé, 2024).
// Les participant·es //
Marine BOISSEAU PASQUIER
Marine BOISSEAU PASQUIER
Née à Lausanne en 2002, Marine Boisseau Pasquier a quitté la Suisse pour la France et ses classes préparatoires littéraires. Elle intègre l’École normale supérieure en 2022 et y commence un master de philosophie et de littérature en 2023. Elle s’intéresse notamment aux questions qui se trouvent à l’articulation de ces deux disciplines, comme la traduction, et souhaite se pencher sur la notion de liberté dans les romans de Milan Kundera.
Lina GUTTE
Lina GUTTE
Actuellement étudiante en échange ERASMUS à l’ENS, Lina Gutte a commencé ses études à l’université Friedrich Schiller à Jena et à la Bauhaus-Universität Weimar en 2021. Elle s’intéresse non seulement au dessin et à la peinture, mais aussi à la littérature française et francophone, en particulier du XIXe et XXe siècle, et aux phénomènes de changement de langue: traduction et autotraduction, apprentissage de langues étrangères, et plurilinguisme.
Jules PLASSART
Jules PLASSART
Jules Plassart est depuis toujours passionné par les langues et leurs rapports avec les cultures à travers le temps et l’espace. Après trois ans de lettres classiques en classe préparatoire à Toulouse, il finit cette année un master d’histoire byzantine à la Sorbonne, tout en continuant son apprentissage des langues, aussi bien vivantes qu’anciennes, notamment du Moyen-Orient. Fréquentant la traduction universitaire depuis quelques années maintenant, il cherche toujours à la rendre vivante, à l’inscrire dans le présent comme elle pouvait l’être dans le passé. Toujours enthousiaste pour un voyage par les routes ou par les pages, il s’intéresse aussi particulièrement aux littératures de l’imaginaire, et aux mondes que les rêves bâtissent.
Victor SAINSOT
Victor SAINSOT
Né en 2001, Victor Sainsot est élève de l’École normale supérieure. Diplômé de l’École du Louvre, il étudie conjointement la philosophie et l’histoire de l’art. Ses travaux portent en particulier sur la place de la perspective dans l’œuvre des avant-gardes du XXe siècle. En 2023, il organise avec le collectif « Pièce montée » l’exposition « Après vous » sur la précarité immobilière chez les étudiants. Après avoir travaillé six mois à l’Académie de France à Rome, il poursuit ses études à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et s’intéresse actuellement à l’œuvre tardive d’Henri Matisse.
Helena TEKNETZIAN
Helena TEKNETZIAN
Helena Teknetzian intègre l’ENS en 2023 au département Littératures et langage et suit conjointement un master 1 d’histoire de la philosophie et d’études germaniques à la Sorbonne. Elle s’intéresse à la traduction à la fois d’un point de vue littéraire et philosophique, et souhaite prolonger ces questionnements au travers de son mémoire de master 2.
Mathilde CAVERIVIERE
Mathilde CAVERIVIERE
Étudiante en littératures et langage à l’Ecole Normale Supérieure, elle travaille sur l’érotisme adolescent dans la littérature du premier XXe siècle et s’intéresse à l’écriture ainsi qu’à la traduction entre le français, l’anglais, l’espagnol et la langue des signes. En parallèle de sa pratique du théâtre et de la danse, elle expérimente dans l’espace des formes de poésie visuelle, dansée et signée, qui, comme la traduction, posent la question du passage d’un langage à un autre, du texte au corps, de la ligne au mouvement.
Sue-Ann MALITTE
Sue-Ann MALITTE
Sue Ann Malitte étudie la littérature à l’École Normale Supérieure. Elle travaille sur les poétesses ouvrières au XIXe siècle, au sujet desquelles elle termine cette année un mémoire sous la direction de Thomas Conrad, après avoir co-organisé un séminaire d’élèves à l’ENS intitulé Ouvrières et littérature au XIXe siècle en France et effectué un stage à la Bibliothèque Nationale de France dans le cadre duquel elle a contribué à mettre en valeur ces écrivaines oubliées par la rédaction de billets sur le blog de Gallica.
Marie RAGGENBASS
Marie RAGGENBASS
Étudiante en littérature et en philosophie à l’École Normale Supérieure de Paris, Marie Raggenbass finit cette année son master de lettres sous la direction de Nathalie Koble en s’interrogeant sur la question de l’espace amoureux dans les différentes versions médiévales du Tristan et Iseut, et réfléchit à poursuivre ce travail dans une approche, cette fois-ci, purement philosophique l’année prochaine.
Iris TAVERNE VILLENEUVE
Iris TAVERNE VILLENEUVE
Après trois années de classes préparatoires littéraires au lycée Henri IV, Iris Taverne Villeneuve intègre le département Littératures et Langage de l’École Normale Supérieure. Ses recherches portent sur le
roman britannique de la seconde moitié du XXème siècle, et plus particulièrement sur la question de la refondation du genre et procédé littéraire du flux de conscience. Angliciste de formation, elle intègre
le Master de Littératures de l’ENS-PSL en 2023. S’appuyant sur l’histoire comparée des littératures dites « nationales », ce parcours est celui d’un plein ancrage dans les deux mondes anglophone et francophone.
Pauline DE TOFFOLI
Pauline DE TOFFOLI
Après l’obtention du double diplôme Abibac (Baccalauréat-Abitur), Pauline de Toffoli suit une CPGE au lycée Pothier d’Orléans et intègre l’ENS d’Ulm en 2020. Elle se spécialise en lettres modernes et en philosophie, ainsi qu’en littérature germanophone. Elle réalise actuellement un double Master Lettres-Philosophie à Panthéon Sorbonne. Elle se consacre à deux principaux objets d’étude : les liens entre réflexivité et poésie, et l’implication des notions de « critique » et de « traduction » dans la philosophie du langage de Jacques Derrida. Elle est également rédactrice en littérature et idées pour la revue Zone Critique depuis 2021, activité qui lui permet de s’ouvrir à une culture cosmopolite et d’élargir ses horizons de pensée.















