Lundi 30 mai 2022 au CITL (Arles) – 18h
ATLAS a reçu Andreï Kourkov, le célèbre écrivain ukrainien d’expression russe, pour un atelier-rencontre en compagnie de son traducteur, Paul Lequesne.
Les participants ont découvert le processus de traduction de Samson et Nadejda, premier volet d’une trilogie, à paraître prochainement en français aux éditions Liana Levi. L’atelier, ouvert aux non-russophones et non-traducteur.ice, était suivi d’une rencontre conviviale avec l’auteur et son traducteur.
Retour en images sur la soirée :
Samson et Nadejda, Andreï Kourkov :
L’action de ce nouveau roman d’Andreï Kourkov, premier d’une trilogie, a pour théâtre le Kiev de 1919, alors que la guerre civile n’a pas encore pris fin. La ville est tombée aux mains des bolcheviques en février et le nouveau pouvoir s’y met en place tant bien que mal alors que la région est encore en proie à des combats opposants les troupes de Petlioura, l’armée blanche de Dénikine, les anarchistes de Makhno et autres atamans comme Strouk ou Grigoriev.
Le héros de l’histoire est un jeune étudiant, Samson Koletchko qui, du jour au lendemain, se retrouve à devoir se débrouiller seul dans une ville en proie aux soubresauts de la révolution et de la guerre civile. Un cosaque lui ayant tranché une oreille, il découvre que celle-ci continue à entendre et lui transmet par moment les bruits qu’elle surprend. Enrôlé un peu par hasard dans la milice, il commence par enquêter sur les deux soldats de l’Armée rouge qu’on lui a imposés comme locataire et qu’il soupçonne de se livrer au brigandage. Cette enquête le conduit sur la piste d’autres crimes dont l’instigateur serait un mystérieux Jacobson. Il est aidé dans ses investigations par une jeune femme, Nadejda, bolchevique convaincue, employée au Bureau des statistiques, et dont il ne tarde pas à tomber amoureux.
Samson et Nadejda est moins est un roman policier qu’un roman d’aventures policières, riche en péripéties et rebondissements de toute sorte. Andreï Kourkov renoue ici un peu avec sa première manière : celle du Pingouin ou de l’Ami du défunt. En projetant son récit au temps de la formation de l’Ukraine soviétique, il tend également un miroir au présent, et montre comment des gens ordinaires et bien intentionnés sont amenés à collaborer à la construction d’un État totalitaire, étranger aux principes moraux.


Andreï Kourkov naît en 1961 près de Leningrad (Saint-Pétersbourg) dans une famille communiste. Il vit depuis son enfance à Kiev. À dix ans, il possède « la septième collection de cactus d’Ukraine » dont il aime égrener les noms latins ; c’est le début d’une passion pour les langues étrangères (il en parle une dizaine, dont le français et le japonais). À l’heure du service militaire, le voilà gardien de prison à Odessa où il préfère écrire des contes pour enfants plutôt que de rédiger des rapports officiels. Son premier roman, qu’il commence par vendre à la sauvette sur un bout de trottoir à Kiev, est publié deux semaines avant la chute de l’Union soviétique. Avec Le Pingouin, il rencontre un immense succès en France et à l’international. Suivront une quinzaine de romans, tous écrits en russe, mêlant absurde, humour et tendresse où percent les espoirs et les dérives de la société postsoviétique. Il est également l’auteur de nombreux scénarios et films documentaires. Traduite en trente-six langues, son œuvre est publiée en France par les éditions Liana Levi.
Photo ©️ Julien FALSIMAGNE / Leextra / Éditions Liana Levi

Né en 1961 dans l’ouest parisien, Paul Lequesne a délaissé en 1991 le métier d’ingénieur-chercheur pour celui de traducteur littéraire. Depuis son premier opus—Écrits sur des manchettes de Mikhaïl Boulgakov, paru aux éditions Solin/Actes Sud en 1992—, il a livré une soixantaine de traductions, essentiellement du russe. Parmi les dernières en date figurent La Ville noire de Boris Akounine (Gallimard, 2016), Soyez comme les enfants de Vladimir Charov (Louison éditions, 2016) et Les abeilles grises d’Andreï Kourkov (Liana Lévi, 2022). Membre du conseil d’administration de l’Association ATLAS, pour la promotion de la traduction littéraire, il mène également depuis plusieurs années une activité de formateur au sein du Collège international des traducteurs littéraires, à Arles.
Photo ©️ Association ATLAS








